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 Les abus de la télé qu’ils voulaient cacher

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MessageSujet: Les abus de la télé qu’ils voulaient cacher    Lun 27 Juin - 16:23

La Cour des Comptes vient de publier un rapport concernant le fonctionnement de l’Etablissement de la Télévision publique tunisienne. Un rapport qui décompte un nombre extraordinaire d’abus, de malversations et de mauvaise gestion au sein de la télévision publique.
Entre les consultants payés des dizaines de milliers dinars (ou d’euros), les bradages de spots publicitaires avec 66% de remise ou contre de l’eau minérale et des billets d’avion ou encore les fonctionnaires cadres de la télé qui avaient des contrats de production avec leur propre télé, il y a de quoi mettre en prison beaucoup de gens. A la télé, le système est pourri et bien pourri, comme le démontre ce rapport.
On découvre, surtout, que les vrais coupables ne sont pas ceux qu’on nous a désignés pour être publiquement lynchés.
A la lecture de ce rapport, il y a de quoi s’interroger sur la manœuvre de diversion de l’opinion publique opérée par cette même télé qui a (sciemment ou par omission) caché ses propres turpitudes en désignant un bouc émissaire tout trouvé.

Les chiffres présentés par Mokhtar Rassaâ, président de la télévision tunisienne, lors de la conférence de presse qu’il a organisée sont spectaculaires. De même que le contenu de l’émission-feuilleton « Dawlet el faced ». On a présenté au public des faits, sortis de leurs contextes, des pertes et manques à gagner puis une plainte contre Zine El Abidine Ben Ali et Sami Fehri, deux parfaits coupables de tous les maux dont souffre la télévision tunisienne.
La messe est dite, circulez, il n’y a plus rien à voir. Puisque les coupables sont désignés par les patrons de la télé, il ne manque que l’arrestation de Sami Fehri.
Mais ce qui semble être une vérité pour le grand public, qu’on veut manipuler, ne l’est point pour les juges qui, malgré toute la pression de la population, cherchent à travailler en toute sérénité pour ne mettre en prison que ceux dont la culpabilité est bel et bien avérée.
En attendant que les juges d’instruction achèvent leurs enquêtes, la Cour des Comptes a fini la sienne.
Composée de plusieurs magistrats, cette Cour a la compétence requise pour examiner les comptes et apprécier la gestion de l’Etat, des collectivités locales, des établissements et entreprises publics, ainsi que de tous organismes dans lesquelles l’Etat, les collectivités locales, les établissements et entreprises publics détiennent une participation en capital.
Cette cour a mené une enquête de terrain sur la Télévision tunisienne pour la période 2008, 2009 et le premier semestre 2010 et vient, il y a quelques jours, de rendre public son rapport.

Les enquêteurs de la Cour des comptes se sont penchés sur la gestion, l’organisation, les ressources humaines, la gestion du patrimoine, la gestion financière, la production et la programmation.
Première surprise pour les enquêteurs, la télévision n’a pas d’organigramme, ni de service chargé des études, des recherches ou de la coordination entre les chaînes et les services !
Pire, certaines personnes sont désignées pour auditer et contrôler le fonctionnement de leurs propres services ! On découvre, dans la foulée, que l’on n’a pas fait d’inventaire et que l’on ignore, de fait, la véritable étendue des biens appartenant à la Télé.
Et vu qu’on ignore ce qu’on possède, il n’est pas rare qu’on loue, à des prix exorbitants et dans des conditions qui ne sont pas indiquées, du matériel externe ou encore qu’on prête à d’autres son propre matériel sans s’assurer, par la suite, de sa récupération et de son bon état.
On a bien cherché à établir cet inventaire et on a même payé 20.000 dinars pour cela, mais l’inventaire n’a pas été réalisé comme il se doit et l’établissement n’a même pas assuré le suivi de l’application de sa commande.
Parmi les conséquences de cette mauvaise gestion, la perte de plusieurs équipements ou, pire, de certaines archives.

L’autre aspect inquiétant à la télévision, la gestion des ressources humaines. L’établissement emploie 1171 agents titulaires, mais enregistre un manque flagrant de compétences dans plusieurs spécialités. Ainsi, elle ne compte aujourd’hui que 15 réalisateurs (contre 42 en 1998), 4 ingénieurs de décor (contre 15 en 1998) et zéro chef de tournage (contre 7 en 1998).
Pour parer à ce déficit, la télé fait appel à des externes en toute illégalité et sans que ces externes ne possèdent la spécialité requise.
Le paradoxe est que certains fonctionnaires de la télé travaillent ailleurs tout en continuant à percevoir leurs salaires à la télé. En clair, ils ont bénéficié durant des années de deux salaires. Il est vrai que l’absence de pointage rend la tâche de suivi du personnel et du contrôle du travail effectif fort difficile.
Last but not least, la télé tunisienne a fait appel en 2008 à un consultant français (Il s’agit de Gérard Sebag, mais son nom n’est pas indiqué dans le rapport) qu’elle a payé 100.000 euros (184.000 dinars), en plus des frais de son transport (25.000 dinars) et des frais de son hébergement (50.000 dinars). Qui a fait appel à ce consultant, qui a décidé de sa rémunération fort exorbitante ? Allez savoir. Toujours est-il que le consulting n’a pas abouti sur grand-chose, comme l’indique le rapport de la Cour des comptes. Mais ce n’est pas là le plus grand abus opéré par le personnel.
Il s’avère que la télévision fait bénéficier à ses agents de contrats de production, comme s’ils étaient des agents externes, ainsi que d’heures supplémentaires et de différentes primes alors que le travail effectué a été réalisé durant les heures de service.
Exemple, parmi d’autres, l’émission « Nesmet Sbah » a mobilisé 61 agents titulaires qui ont bénéficié de contrats de production ayant coûté en six mois 252.000 dinars. Cela sans compter le coût des 51 autres agents vacataires.
Dans l’ensemble, les coûts de ces contrats de production accordés à 111 salariés titulaires sont de l’ordre de 2,8 millions de dinars. Parmi eux, on trouve 40 hauts cadres qui ont des postes stratégiques !
Pour ce qui est des heures supplémentaires et des primes de rendement, la Cour des Comptes publie des chiffres qui feraient pâlir. 29 agents ont obtenu des primes supérieures à 10.000 dinars chacun en 2009 (sans parler des salaires bien sûr). Trois agents ont obtenu des primes supérieures à 30.000 dinars chacun. Le rapport ne mentionne pas les noms, mais on sait que plusieurs parmi eux exercent jusqu’à aujourd’hui.

Abordant la partie des recettes publicitaires, la Cour des comptes indique que la facturation de la télé est basée sur les bons de commande des clients et non sur la tarification officielle de l’Etablissement.
Dans ce registre, elle constate que des remises importantes (jusqu’à 66%) ont été accordées aux clients sans la signature d’une quelconque convention. Ce bradage nuit, non seulement à la télé, mais à tous les autres médias qui vivent essentiellement de la publicité.
Non seulement la télévision tunisienne brade ses prix, mais elle se permet en plus d’échanger des spots publicitaires contre de la marchandise qu’elle ne réclame même pas ensuite ! Ainsi, on lit que des spots publicitaires ont été échangés contre de l’eau minérale pour une valeur de 30.000 dinars et la télé n’a reçu que l’équivalent de 4000 dinars ou encore des échanges contre des billets d’avion pour un montant de 108.000 dinars et la télé n’a reçu que l’équivalent de 13.972 dinars. Le rapport n’indique pas qui a bénéficié de ces billets d’avion.
Le gros manquement en matière de publicité réside cependant dans l’absence de contrôle systématique de la diffusion réelle des spots et de leur durée. Du côté du sponsoring, on remarque que la direction de tutelle n’est pas toujours informée et qu’il arrive que certains sponsors ne remplissent pas leurs engagements en refusant d’offrir, par exemple, les cadeaux promis aux vainqueurs de certaines émissions au motif que le spot publicitaire n’a pas été diffusé correctement.

Abordant le sujet de la production des émissions par des sociétés externes, en contrepartie d’espaces publicitaires, la Cour des comptes indique que la pratique existe, mais qu’il n’y a pas toujours de conventions en la matière (ou bien que les conventions aient été réalisées ultérieurement pour régularisation) et que ces opérations ne sont pas enregistrées dans les bilans de la société, ce qui fausse les comptes d’exploitation.
Parmi les productions sans convention signalées par la Cour des comptes, celles de Cactus Productions qui a droit à 16,5 minutes de publicité en contrepartie des émissions offertes à la télé.
Seulement voilà, la télé n’a pas assuré le contrôle de la publicité diffusée dans les émissions de Cactus et ceci a déjà été signalé par un contrôleur de l’Etat qui a relevé la nécessité de mentionner la valeur de la publicité octroyée à Cactus.
Mais la télé n’agit pas ainsi avec Cactus seulement. D’autres entreprises sont signalées dans le rapport de la Cour des comptes montrant que la pratique de l’échange du temps publicitaire contre des productions prêtes à diffuser est courante.
La télé a ainsi des engagements de gré à gré avec plusieurs sociétés de production, que ces dernières ne respectent pas toujours. Plusieurs cas sont cités dont certains sont de l’ordre de centaines de milliers de dinars, sans qu’il n’y ait de contrats ! La cour relève même la production d’émissions banales par une société de production (pour un coût de 1,32 million de dinars) alors que la Télé pouvait produire elle-même ces émissions puisqu’il ne s’agit pas de grosse production.
Quant à Cactus, c’est tout le contraire, la Cour des comptes indique que cette société a réalisé de grosses productions (en contrepartie de pub) pour un montant global de 40,57 millions de dinars, dépassant ainsi le budget de production total de la télévision qui est de 40 MDT. Le rapport ne mentionne pas les recettes de Cactus puisque la télé n’assurait pas ce suivi et n’a pas de comptabilité analytique pour savoir combien elle gagne exactement en adoptant cette stratégie.
La télé a bien essayé de ramener toute seule la publicité diffusée dans les émissions de Cactus, mais elle n’a pas réussi à rentabiliser le coût d’achat des émissions. Le rapport de la cour indique, par exemple, que la télé n’a toujours pas payé sa facture de 6,3 MDT à Cactus pour son émission « Ahna hakka » qui ne lui a généré qu’un million de dinars de recettes publicitaires.

La cour des comptes relève, plus loin, que le coût des productions internes de la télé est fortement élevé, notamment pour les productions réalisées (avec des contrats) par les agents titulaires, ce qui explique en partie le choix du contracting (échange de pub contre des émissions prêtes à la diffusion).
Autre point, à propos de la production, la Cour relève que des contrats d’habillage des émissions ont été réalisés, en décembre 2006, avec des sociétés tunisiennes pour un montant de 40.000 et 80.000 dinars. Elle remarque que ces contrats sont montés ensuite à 1,93 million de dinars sans qu’il n’y ait d’annexe au contrat ou de passage par la Commission supérieure des marchés.

Le rapport mentionne plusieurs autres dossiers et donne même des détails intrigants.
Intrigants surtout car ces éléments ne peuvent pas être ignorés par la direction actuelle de la télévision tunisienne et encore moins par son syndicat.
Même si la publication du rapport de la Cour des comptes est récente, le personnel et la direction de la télé connaissent parfaitement ces pratiques et n’ignorent pas du tout leur illégalité.
A quel dessein ont-ils cherché à dévier le regard du public, à travers des plaintes et des émissions (sur une télé publique) visant des personnes bien déterminées, alors que le plus gros des malversations est ailleurs et touche le personnel même de la télévision. Que les malversations dont on a accusé cactus ne sont même pas mentionnées comme telles par les magistrats de la Cour des comptes ?
A la lecture de ce rapport, il devient évident qu’on a cherché à nous cacher des choses. Une partie de la vérité vient d’éclater grâce aux magistrats et aux enquêteurs de la Cour des comptes. L’autre partie finira bien par éclater, dans les prochains jours, grâce au doyen des juges d’instructions qui planche lui-même sur le dossier de la télé.

Nizar Bahloul - Businessnews

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