Voici un article trouvé sur internet pour vous expliquer brièvement
les causes de cette crise :
Que diriez-vous d'une explication simple de la crise financière ?
Comme souvent dans les crises financières, ce qui se passe est simple,
mais c'est expliqué avec des termes complexes et en bâclant l'analyse.
Or le fait que cette crise soit mal comprise alimente les phénomènes
de panique. Essayons donc d'expliquer les choses clairement.
Tout se résume à un effet domino. Imaginez un alignement avec deux
dominos posés l'un à côté de l'autre, et une file de dominos derrière
eux : les deux premiers tombent, et une réaction en chaîne fait tomber
tous les autres après eux.
Aux Etats-Unis, des établissements de crédit prêtent de l'argent à des
ménages franchement pauvres. Ces ménages doivent rembourser pendant
deux ans les intérêts du prêt, puis à la fois le prêt et les intérêts
la troisième année. Or il y a actuellement beaucoup de ménages qui
n'arrivent pas à rembourser. Donc la valeur de ces prêts diminue.
C'est l'un des deux premiers dominos.
Aux Etats-Unis, toujours, des établissements de crédit prêtent de
l'argent à des ménages américains qui sont propriétaires d'un bien
immobilier. C'est ce bien immobilier qui sert de « caution. » Mais ça
fait six mois que la demande de biens immobiliers stagne, et du coup,
ça fait deux mois que les prix des biens immobiliers baissent. Comme
la valeur des biens immobiliers baisse, les établissements de crédit
se retournent vers ces ménages pour leur demander de l'argent qu'ils
n'ont pas forcément. Ce qui fait que les établissements de crédit ont
du mal à maintenir la valeur de ces prêts. Ce qui fait que ces prêts
perdent de la valeur. C'est l'autre premier domino.
Ces établissements de crédit ont « titrisé » leurs prêts : en clair,
ils en ont fait des produits qu'on peut acheter et vendre en bourse.
C'est comme si vous deviez de l'argent à quelqu'un, et que ce
quelqu'un revend votre dette à quelqu'un d'autre. Comme la rentabilité
promise était élevée, des fonds d'investissement ont acheté ces titres
boursiers. Mais comme ces titres perdent de la valeur, ces fonds
d'investissement veulent les vendre. Or il n'y a pas d'acheteur, sauf
à des prix cassés. C'est le troisième domino.
Pour ne pas avoir des problèmes de trésorerie, ces fonds
d'investissement vendent d'autres titres boursiers qu'ils détiennent,
des titres qui n'ont rien à voir avec ces prêts. Du coup, non
seulement la valeur de ces titres boursiers baisse, mais en plus, les
banques auprès desquelles ces fonds avaient acheté ces titres ont
beaucoup moins d'argent d'un seul coup. C'est le quatrième domino.
Les banques concernées ayant beaucoup moins d'argent d'un seul coup,
elles cherchent à se faire prêter de l'argent par d'autres banques :
c'est quelque chose qui se fait tous les jours, et on appelle ça le
marché interbancaire. Mais comme chaque banque ignore à quel point les
autres banques ont des problèmes, toutes les banques se méfient les
unes des autres, et refusent de se prêter de l'argent. Donc des
banques de plus en plus nombreuses ont des problèmes de trésorerie.
C'est le cinquième domino.
Si de nombreuses banques gardent des problèmes de trésorerie, c'est
toute l'activité financière qui peut être endommagée. Donc les banques
centrales (américaine et européenne, principalement) prêtent de
l'argent aux banques concernées. Le but est de rétablir, à moyen
terme, une situation stable. C'est le sixième domino.
Les acteurs boursiers dans leur ensemble ont besoin d'avoir toujours
de l'argent frais de côté, pour ne pas être obligés de vendre des
titres boursiers à chaque fois qu'un de leurs investisseurs veut
reprendre l'argent qu'il a chez eux. Comme beaucoup de titres
boursiers baissent, ils vendent : soit pour être sûrs de garder assez
d'argent frais de côté, soit par panique. Et du coup, les titres
boursiers continuent à baisser. C'est le septième domino.
Voilà pourquoi, au fil de cette crise financière, beaucoup de titres
boursiers sont en baisse, beaucoup de banques ont des problèmes de
trésorerie, et beaucoup d'acteurs boursiers vendent à tort et à
travers. La bonne nouvelle, c'est que sauf catastrophe la situation
devrait redevenir stable dans les prochaines semaines. La mauvaise,
c'est qu'entre-temps tous ceux qui auront vendu des titres sans
rapport avec le marché du crédit auront commis une erreur. La très
mauvaise, c'est que de nombreux petits épargnants à qui des banques
avaient vendu des « placements sûrs » vont être les dindons de la
farce, comme toujours.
Thomas Guénolé "
Habiba BEN HAMA
Comptable BNP PARIBAS IMMOBILIER
PARIS